Portrait d’Anne-Laure Ménard, Coordonnatrice de programmes spéciaux
La passion pour la course a orienté ma vie professionnelle en recherche vers des aspects reliés à la médecine sportive.
Parle-nous un peu de ton parcours :
J’ai une formation d’ingénieure civile des Mines (France) spécialisée en biomédical que j’ai complétée avec un doctorat en génie biomédical (biomécanique) de l’École Polytechnique de Montréal. J’ai ensuite travaillé comme chercheure postdoctorale en collaboration avec l’industrie (la compagnie CCM notamment) et en clinique avant de rejoindre INÉDI (un centre collégial de transfert de technologie en design industrie) comme responsable de la recherche. Mon expérience chez INÉDI m’a permis de mieux connaitre l’écosystème de l’innovation et de monter, en équipe, des projets multidisciplinaires de recherche appliquée principalement avec l’industrie. Toujours intéressée par l’innovation, je suis revenue vers le domaine médical en intégrant l’équipe de l’Institut TransMedTech en tant que coordonnatrice de programmes spéciaux.
En parallèle, j’ai commencé à courir sérieusement en compétitions peu après le début de mon doctorat et j’ai atteint le niveau national en 2015 en cross-country puis en 2016 où j’ai participé aux essais pour les JO sur 1500m et 5000m. Cette passion a orienté ma vie professionnelle en recherche vers des aspects reliés à la médecine sportive. Au fil des années, j’ai aussi établi un réseau dans le « monde de la course » au Québec et côtoyé des athlètes olympiques, mais j’ai toujours maintenu ma double vie de professionnelle et d’athlète.
Aujourd’hui, ma pratique sportive s’intègre à mon quotidien grâce aux transports maison-travail que je fais en courant toute l’année (y compris l’hiver !). J’ai toujours le goût de la performance, prenant encore quelques départs de course (sur route principalement), sans pression et avec plaisir. Ma pratique m’apporte un équilibre de vie, étant aussi maman d’un jeune garçon né en 2024 et que j’amène avec moi les weekends en poussette de course.

Quel est ton rôle à l’Institut TransMedTech?
Je suis coordonnatrice de programmes spéciaux à l’iTMT dans l’unité stratégie et développement. Mon rôle consiste à assurer l’opérationnalisation du programme Innovateurs(trices) en résidence qui établit des maillages entre besoins cliniques sur le terrain et start-ups innovantes proposant des solutions pouvant répondre au besoin identifié. Je suis aussi impliquée dans la formation aux étudiant(e)s à travers la mise en place de projets supervisés pour Innovateurs(trices) en résidence et à travers la nouvelle subvention FONCER-CRSNG de mise en place d’un microprogramme d’enrichissement multidisciplinaire en innovation pour les étudiant(e)s en technologies médicales. Aussi, je contribue à la réalisation ponctuelle de mandats de conseil dédiés aux entreprises en technologies médicales.
Les éléments qui me rendent heureuse sont les interactions avec des partenaires que j’apprécie et avec lesquels une relation de confiance a été établie, et l’obtention de résultats concrets me donnant le sentiment d’avoir contribué à quelque chose de plus grand que ma personne.
Quelle serait ta journée idéale au travail?
Une journée idéale au travail serait une journée qui comprendrait d’une part du travail collaboratif sur des projets structurants qui touchent à l’amélioration de la santé ou du système de soins avec des partenaires et d’autre part, du temps personnel de développement et de production de contenu pour ces projets. Les éléments qui me rendent heureuse sont les interactions avec des partenaires que j’apprécie et avec lesquels une relation de confiance a été établie, et l’obtention de résultats concrets me donnant le sentiment d’avoir contribué à quelque chose de plus grand que ma personne.
Quelles sont tes valeurs de travail et dans la vie en général?
Si on m’avait posé la question il y a quelques années, j’aurais mis l’emphase sur la performance et le dépassement de soi. À présent, mon approche est plus douce et durable ; peut-être (enfin?) un peu de sagesse (!!). Mes valeurs profondes sont l’apprentissage et la formation continue que ce soit au travail ou dans la vie. Toutes les situations sont des opportunités de s’améliorer tant au niveau des compétences techniques qu’humaines (personnelles et interpersonnelles). Aussi, j’accorde de l’importance à la persévérance qui permet de développer des compétences spécifiques dans la durée et ainsi d’aller creuser un domaine en profondeur devenant ainsi un(e) expert(e) du domaine. Dans l’idéal, le tout doit être accompagné d’un intérêt ou d’une passion qui motive cette décision de persévérer et d’apprendre.
Enfin, depuis quelques années, j’ai adopté la mentalité d’essayer et d’oser, et ce peu importe le résultat obtenu. Ce dernier n’est qu’une composante très minime du succès (voir question suivante) car ce qui compte réellement sont le chemin et les petits pas réalisés quotidiennement.
Il y a différentes manières de voir la réussite ou le succès. Pour toi, ça serait quoi?
Pour différencier réussite et succès, la réussite est basée sur l’atteinte d’objectifs personnels alors que le succès implique la reconnaissance de sa réussite par la société.
Encore une réponse qui aurait été très différente il y a quelques années car j’aurais été partisante du succès à tout prix et de poser des actions intentionnellement pour me conduire à cette reconnaissance sociétale ultime.
Je considère maintenant que ma plus grande réussite est ma capacité à garder un équilibre de vie pour permettre un épanouissement optimal dans l’ensemble des sphères de la vie (professionnel, familial et personnel/sportif). Cela peut paraitre très cliché mais ce qui compte réellement pour moi au quotidien est d’être entourée/connectée avec les personnes que j’aime et de faire ce que j’aime. Quant au succès, il se manifestera peut-être un jour selon la ou plutôt les voies que j’ai choisies et que je choisirai mais il n’est plus ni un objectif ni une fin en soi. Comme dirait Oscar Wilde : « Life is too important to be taken seriously. »
Quel métier rêvais-tu de faire quand tu étais petite?
Petite, je rêvais de devenir chirurgienne cardiaque ou neurologue car la médecine me passionnait ; je lisais beaucoup de livres sur le corps humain ainsi que de la littérature classique. Toutefois, je suis née en France et étant naturellement douée en mathématiques, j’ai fait les classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieur plutôt que des études de médecine.
Une personne qui t’inspire et pourquoi?
Pour prendre un modèle féminin dans le domaine des sciences, ce serait Claudie Haigneré par son parcours varié grâce aux différents corps de métier qu’elle a occupés (médecin, astronaute, ministre aux niveaux français puis européen). En avance sur son temps, elle représente un champ des possibles pour les femmes en science et le fait de pouvoir changer de fonctions au cours de sa vie.
Quelle(s) lecture(s) nous recommanderais-tu ?
Voici quelques ouvrages qui m’ont marquée pour différentes raisons :
- ‘An astronaut’s guide to life on Earth’ de Chris Hadfield
- ‘La structure des révolutions scientifiques’ de Thomas S. Kuhn
- ‘La peste’ d’Albert Camus
- ‘1984’ de George Orwell
- ‘Mémoires d’une jeune fille rangée’ de Simone de Beauvoir
Source:
Service des Communications,
Institut TransMedTech



