Innovation en santé rurale : retour sur un stage avant-gardiste au Living Lab de Charlevoix
Dans ce témoignage, Marine Gay et Andjela Dimitrijevic, étudiantes en ingénierie à Polytechnique Montréal et boursières TransMedTech, partagent leur expérience sur leur stage en innovation et leadership au Living Lab de Charlevoix à l’été 2024. Accompagnées d’une équipe interdisciplinaire, en appliquant la méthodologie du design thinking et en collaborant avec des professionnels du domaine, elles ont contribué à l’émergence d’innovations visant à améliorer les soins d’urgence dans les régions éloignées. Découvrez leur parcours, leurs découvertes et les innovations qui pourraient transformer la santé en milieu rural.
À l’été 2024, nous, Marine Gay, étudiante à la maîtrise en génie mécanique, et Andjela Dimitrijevic, étudiante au doctorat en génie biomédical, toutes deux affiliées à Polytechnique Montréal, avons participé à un stage en innovation et leadership au Living Lab de Charlevoix. Aux côtés de deux étudiants en génie physique et de deux étudiantes en médecine préclinique, nous avons mené une recherche sur des innovations adaptées aux urgences en milieu rural. Ce stage avant-gardiste, mis en place par le Dr. Richard Fleet et Nathalie Gravel, coordonnatrice clinique, en est à sa 12e cohorte et vise à développer des compétences en créativité, innovation, leadership et gestion d’une équipe dans le cadre de la santé rurale.
Ce que nous avons le plus apprécié fut la collaboration avec les étudiants en médecine, une expérience interdisciplinaire enrichissante qui nous a permis de rencontrer des personnes d’horizons différents et d’apporter des perspectives complémentaires à notre stage.
Marina et Andjela
La méthodologie du design thinking…
En utilisant la méthodologie du design thinking, nous avons débuté notre réflexion en partant des besoins identifiés sur le terrain. Grâce aux rencontres avec des intervenants externes et des membres du Living Lab de Charlevoix, nous avons pu affiner notre compréhension des enjeux spécifiques aux soins d’urgence dans les régions rurales. Nous nous sommes également familiarisées avec le rapport d’Urgence 360, qui met en évidence des défis et des besoins en soins d’urgence dans les zones rurales, tout en proposant des recommandations pour optimiser les systèmes de santé existants et introduire des innovations pertinentes.
Au cours de cette étape de notre stage, nous avons aussi contribué à la collecte d’innovations pour les urgences rurales, en analysant diverses solutions technologiques adaptées aux contextes éloignés. Chaque membre de l’équipe a proposé dix idées d’innovations, que nous avons ensuite regroupées pour organiser un processus de sélection basé sur un vote collectif. Cette approche nous a permis de prioriser les technologies en fonction de leur pertinence et de leur faisabilité, notamment en matière de télémédecine et de logistique. Par la suite, nous avons identifié plusieurs entreprises québécoises et canadiennes spécialisées dans le développement de ces solutions pour les urgences médicales, afin de faciliter la recherche de partenaires potentiels. Enfin, nous avons établi une liste de contacts au sein de ces compagnies pour entamer des discussions et échanger sur les technologies adaptées aux environnements ruraux.
… pour développer des solutions innovantes
Le travail s’est concrétisé par une présentation de 20 minutes sous forme de vidéo, où les 15 innovations sélectionnées ont été exposées, chacune accompagnée de fiches techniques détaillées. Parmi ces innovations figure l’IRM à bas champ, un appareil portable, économe en énergie et facilement transportable, conçu pour réaliser des diagnostics sur site, même dans des environnements à ressources limitées comme les régions rurales. Contrairement aux IRM conventionnelles, ce modèle offre une accessibilité accrue en réduisant les barrières géographiques et les coûts, avec un prix allant de 22 000 $ à 50 000 $, contre environ 1 million $ pour une IRM classique. Grâce à une installation simplifiée, ne nécessitant ni chambre de protection contre les radiofréquences, ni hélium liquide ou systèmes de cryogène, ce dispositif peut être rapidement mis en place. De plus, il est opérable via un iPad, permettant à une infirmière de réaliser les scans, sans qu’un médecin soit nécessaire sur place. Sa mobilité permet d’effectuer des diagnostics essentiels, tels que pour les accidents vasculaires cérébraux ou des cas d’hydrocéphalie chez des patients pédiatriques, tout en évitant des longs délais d’attente.
Cette présentation a été exposée devant des professionnels du milieu medtech et de la santé, qui ont classé les 15 innovations selon des critères tels que la pertinence, la faisabilité, l’impact, la priorité et la désirabilité, en s’appuyant sur les principes du design thinking. Nous avons également fourni des conseils pour optimiser la présentation des aspects techniques des innovations, telles que l’ambulance clinique mobile, les soins d’urgence virtuels, les drones, et le moniteur portatif de signes vitaux.
Ce stage nous a permis de développer une meilleure compréhension des urgences rurales, des technologies pertinentes pour répondre aux besoins actuels, ainsi que des défis à relever dans ces environnements. Ce que nous avons le plus apprécié fut la collaboration avec les étudiants en médecine, une expérience interdisciplinaire enrichissante qui nous a permis de rencontrer des personnes d’horizons différents et d’apporter des perspectives complémentaires à notre stage.
Marine Gay et Andjela Dimitrijevic
Pour plus d’information :
UR360 — Chaire de recherche et d’innovation en médecine d’urgence (medecineurgence.ca
Source :
Service des Communications, Institut TransMedTech
geraldine.dumesnil@polymtl.ca



