IA responsable et inclusive

L’innovation par l’IA inclusive : concevoir, utiliser, adopter

Le 22 mai dernier, nous avons accueilli une centaine de personnes , à notre conférence sur « L’innovation par l’IA inclusive : concevoir, utiliser, adopter ». Étaient présents des professionnelles et professionnels de la technologie, des universitaires, des étudiantes et étudiants et des curieuses et curieux de l’avenir de l’IA.

L’intelligence artificielle révolutionne chaque aspect de notre vie, mais son potentiel ne peut être pleinement réalisé que si nous embrassons l’inclusivité à toutes les étapes : de la conception des systèmes à leur utilisation dans la société. Cette conférence était une célébration de cet engagement envers l’inclusion, où nous avons exploré comment l’IA peut servir de catalyseur pour un avenir meilleur et plus équitable.

Qu’en pense Anne Nguyen, experte des données et de l’IA?

Après un mot de bienvenue du Prof. Carl-Éric Aubin, notre directeur exécutif, nous avons eu l’honneur d’accueillir comme conférencière d’honneur, Anne Nguyen, directrice responsable de l’IA au Conseil de l’innovation du Québec. La mission d’Anne Nguyen a toujours été de défaire les frontières et de rendre les choses accessibles à tous, à l’éducation, à l’eau, et en l’occurrence, dans son cas, à l’IA. Et c’est ce qu’elle fait au Conseil de l’innovation suite au rapport PRÊT POUR L’IA en propulsant la R&D et l’innovation, en encourageant la protection, la transparence et l’égalité, en aidant la population à comprendre cette « boîte noire » et en conseillant le gouvernement pour que les recommandations prennent forme dans la « vraie vie ».

Trois mots à retenir, qui selon Anne, reflètent la posture que nous devrions adopter face à l’IA :

  • Co-intelligence : l’importance de combiner nos intelligences distinctes pour produire des résultats plus perspicaces et puissants que la somme de nos perspectives individuelles.
  • Courage : l’audace d’avancer et d’oser face à cet inconnu.
  • Zénitude : pour garder un calme et une clarté d’esprit.

Une entrevue qui se voulait conviviale et authentique, menée par Nathalie Sanon, gestionnaire du programme de formation à IVADO.

Ensuite, nous avons eu la chance d’entendre des panels captivants d’étudiantes et d’étudiants, de chercheuses et chercheurs et de spécialistes de l’IA, qui ont partagé leurs perspectives et leurs questionnements sur l’avenir de la technologie. Des sujets allant de l’éthique de l’IA à la conception centrée sur l’utilisateur ont été abordés, mettant en lumière l’importance cruciale de prendre en considération les besoins et les perspectives de diverses communautés.

Les défis et les opportunités dans la conception responsable de l’IA

Le premier panel s’intitulait : « Les défis et les opportunités dans la conception responsable de l’IA », animé par Wiebke Mainville, étudiante à Polytechnique Montréal, avec Mélissa Canseliet, CEO de Humanet, Martin Gibert, philosophe et chercheur à l’Université de Montréal, Maude Lizaire, étudiante au Mila.

L’IA offre de nouvelles opportunités donc de nouvelles responsabilités.
Lors de cet échange, nous avons redéfini ce qu’est exactement l’IA et ce que signifie précisément la « responsabilité ».
Mélissa Canseliet a souligné que pour concevoir de manière responsable, il fallait comprendre.

Nos panélistes ont rappelé le fait que l’IA est juste un outil qui nécessite une interdisciplinarité dans sa conception en y intégrant la notion de transparence. Explicabilité et interprétabilité sont des notions importantes si l’on veut obtenir le consentement éclairé des utilisatrices et utilisateurs.

L’IA évolue très vite et il est pressant que la population agisse à titre « d’acteur » dans son développement.

Pour conclure, les panélistes étaient tous d’accord sur le fait que, d’un point de vue d’encadrement réglementaire, l’utilisation de l’IA devrait être prise en charge rapidement par les gouvernements, en collaboration avec des experts aussi bien techniques, que sociaux, politiques et économiques.

Stratégies pour maximiser l’impact positif de l’IA sur l’inclusion

Le deuxième panel s’intéressait aux : « Stratégies pour maximiser l’impact positif de l’IA sur l’inclusion », animé par Alizée Gouronnec de Montréal InVivo, avec Mehdi Benboubakeur, directeur du Printemps numérique, Cécile Petitgand, CEO de Datalama et Adèle Salin-Cantegrel, directrice Générale de SCIKOOP.

Comment avoir un impact positif, alors qu’on sait que le numérique n’est pas propre pour l’environnement, l’humain, et la santé? En ne laissant pas l’IA uniquement entre les mains des technologues et en mélangeant les connaissances pluridisciplinaires pour rendre la recherche plus inclusive.

Il y a fossé entre les experts et le reste de la population, et il faut travailler tout autant sur l’interface que sur les algorithmes si l’on veut une adoption par toutes et tous.

Les intervenantes et intervenants ont souligné comment l’IA peut être un outil puissant pour améliorer notre vie, et notamment les soins de santé, mais ont également mis en garde contre les risques de perpétuer des inégalités, si elle n’est pas déployée de manière équitable et centrée sur l’humain.

Cas concrets

Deux études de cas nous ont aussi été présentées par :
Meziane Silhadi, fondateur de la SQIAM, une association étudiante dédiée à promouvoir et à mettre en lumière l’importance de l’IA dans le domaine des soins médicaux.
Jean-François Connolly, d’Airudi, une entreprise qui combine l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine pour développer des solutions logicielles RH uniques, à la fois pensées pour l’humain et conçues pour les affaires.
Modérées par Alain Bakayoko, directeur – Commercialisation et Innovation, Sciences de la vie et Technologies de la santé à PME Montréal Centre-Est.

Une journée de découvertes, de discussions et d’inspiration avec des expertes et experts de premier plan, des innovatrices et innovateurs sociaux, des chercheuses et chercheurs et des militantes et militants qui partagent une vision commune : rendre l’IA accessible à tous, quel que soit leur origine, leur sexe, leur âge ou leurs capacités.

L’IA peut être un moteur de progrès social et économique pour toutes et tous, mais comme le Prof. Ahmed Maherzi, directeur du Bureau de la responsabilité sociale à l’Université de Montréal nous l’a rappelé en mot de clôture, il faut que l’innovation sociale et l’IA cohabitent.

Ensemble, créons un avenir où chaque voix compte et où chaque personne peut bénéficier des promesses de la technologie!

Notons quelques suggestions de nos panélistes :

Un grand merci aux coorganisatrices et coorganisateurs de cette conférence : Institut TransMedTech, IVADO, Montréal InVivo, PME MTL – Centre-Est, Polytechnique Montréal, Université de Montréal. Rendez-vous en 2025 pour la 3e édition.

Source :
Géraldine Dumesnil
Service des Communications, Institut TransMedTech
geraldine.dumesnil@polymtl.ca